Après plusieurs années à piloter des projets web de toute taille — refonte de sites institutionnels, plateformes e-commerce, outils métier sur-mesure — j’ai progressivement construit un framework personnel que j’applique systématiquement. Ce n’est pas une méthode rigide : c’est un cadre flexible qui s’adapte au contexte, mais dont les grandes étapes ne bougent jamais.
Voici les 5 étapes qui structurent chacun de mes projets, du premier appel client au bilan post-production.
1. Cadrage : comprendre les enjeux business et utilisateurs
Tout projet raté commence par un cadrage bâclé. Avant de parler technologie, maquette ou budget, je passe du temps à comprendre pourquoi ce projet existe.
Concrètement, cette étape comprend :
- Un ou deux ateliers de cadrage avec les décideurs (pas uniquement les équipes techniques)
- La définition des objectifs mesurables : taux de conversion, réduction du temps de traitement, acquisition organique, etc.
- L’identification des contraintes réelles : délais non négociables, systèmes existants à intégrer, RGPD, accessibilité
- Une cartographie rapide des utilisateurs cibles et de leurs parcours principaux
“Un bon brief vaut mieux qu’une longue spécification fonctionnelle. La clarté sur le pourquoi génère naturellement le quoi.”
Cette étape se conclut par un document de cadrage partagé, validé par le client et l’équipe projet. C’est le contrat moral du projet.
2. Conception : architecture, parcours, contenu
Une fois les enjeux clarifiés, on conçoit la solution avant de coder. Cette étape est souvent sous-estimée, au détriment de la phase de réalisation.
Le livrable principal est une architecture de l’information : comment les contenus s’organisent, quels sont les parcours clés, quelles pages ou fonctionnalités sont prioritaires. J’y associe systématiquement :
- Un sitemap ou une arborescence validée par le client
- Des wireframes basse fidélité pour les templates principaux
- Un inventaire de contenu existant (ce qu’on garde, ce qu’on réécrit, ce qu’on crée)
- Un choix technologique argumenté : CMS, framework, hébergement
La conception évite les aller-retours coûteux en phase de réalisation. C’est ici qu’on détecte les contradictions, pas en recette.
3. Réalisation : sprints courts, livraisons fréquentes
Je travaille en sprints de 1 à 2 semaines avec des démos régulières au client. Pas de tunnel de 3 mois sans feedback : chaque sprint livre quelque chose de visible et de testable.
L’outil de suivi importe peu — j’utilise Notion, Linear ou Jira selon l’équipe — mais la discipline est non négociable :
- Un backlog priorisé et vivant (réordonné à chaque sprint)
- Une réunion quotidienne courte (15 min maximum) si l’équipe est en distanciel
- Une démo sprint systématique avec le client ou son représentant
- Une rétrospective pour améliorer le processus, pas seulement le produit
Le client voit l’avancement en temps réel. Les surprises de fin de projet disparaissent.
4. Tests & QA : validation fonctionnelle et UX
La phase de tests est souvent traitée comme une formalité. C’est une erreur qui coûte cher.
Mon protocole minimal comprend :
- Tests fonctionnels sur l’ensemble des parcours identifiés en cadrage
- Tests cross-browser et cross-device (au minimum Chrome, Firefox, Safari mobile)
- Audit de performance : Lighthouse, Core Web Vitals, temps de chargement réel
- Revue d’accessibilité : contraste, navigation clavier, attributs ARIA essentiels
- Test utilisateur informel si le budget le permet — même 3 personnes suffisent pour détecter les frictions majeures
Chaque anomalie est documentée avec sa criticité, son contexte de reproduction et son assignataire. Pas de bug résolu de mémoire.
5. Mise en production : checklist et suivi post-launch
Le déploiement n’est pas la fin du projet. C’est le début de la phase de vie.
Avant chaque mise en production, j’applique une checklist standard :
- Redirections 301 des anciennes URLs (capital SEO)
- Configuration du plan de tagging analytics
- Tests de charge si le site attend un trafic important dès le lancement
- Sauvegarde de l’environnement de pré-production
- Communication au client sur les procédures de maintenance
Dans les deux semaines suivant le lancement, je surveille les métriques clés : taux d’erreur 404, Core Web Vitals en production, premiers retours utilisateurs. Un projet livré sans suivi post-launch est un projet à moitié fini.
Cette méthodologie évolue à chaque projet. L’important n’est pas de suivre un processus à la lettre, mais d’avoir une intention claire à chaque étape. Si vous avez des questions sur l’une de ces étapes ou souhaitez partager votre propre approche, n’hésitez pas à me contacter.